Le cannabis reste techniquement illégal, mais la vente/possession jusqu'à 5 g est tolérée dans les coffeeshops agréés. Fait important, le gouvernement néerlandais indique explicitement que transporter du cannabis à travers la frontière — y compris un médicament prescrit ailleurs — est illégal sans le certificat approprié en vertu de la loi sur l'opium (Opium Act).
Le cannabis reste illégal aux Pays-Bas au regard de la loi sur l'opium (Opiumwet). Ce qui distingue le pays est une politique de tolérance des poursuites vieille de plusieurs décennies (« gedoogbeleid ») : la possession et la vente jusqu'à 5 grammes dans un coffeeshop agréé ne font pas l'objet de poursuites, même si la culture, le transport et l'approvisionnement de ce même cannabis vers le coffeeshop constituent une infraction pénale. C'est ce que l'on appelle largement le « problème de la porte arrière » (backdoor problem) — la porte avant d'un coffeeshop est tolérée, la chaîne d'approvisionnement qui se trouve derrière ne l'est pas.
La possession jusqu'à 5 grammes pour usage personnel est généralement tolérée aussi bien pour les résidents que pour les touristes. La possession au-delà de 5 grammes, ou des circonstances suggérant un approvisionnement à des tiers, constitue une infraction poursuivable au titre de la loi sur l'opium et peut entraîner une confiscation et des poursuites pénales. La culture à grande échelle et le trafic sont passibles de peines d'emprisonnement.
Depuis avril 2025, le gouvernement mène l'« expérimentation de la chaîne d'approvisionnement contrôlée en cannabis » (wietexperiment) dans dix communes, dans laquelle les coffeeshops participants ne peuvent vendre que du cannabis cultivé par dix producteurs agréés désignés par l'État, avec l'ajout de haschich réglementé à l'approvisionnement à partir de septembre 2025. L'objectif est de tester si une chaîne d'approvisionnement entièrement légale et traçable peut combler la faille de la « porte arrière ». — Government of the Netherlands
Les Pays-Bas gèrent un programme national de cannabis médical depuis 2003 par l'intermédiaire du Bureau voor Medicinale Cannabis (BMC), qui relève du ministère de la Santé, du Bien-être et des Sports. Un médecin généraliste ou un spécialiste peut délivrer une ordonnance ; tous les médecins ne sont pas disposés à prescrire du cannabis, si bien que cette disposition varie. Une fois prescrit, le médicament est délivré par les pharmacies classiques sous forme de fleur séchée standardisée de qualité pharmaceutique destinée à la vaporisation, ou sous forme d'huile, produite par un seul producteur agréé par l'État, Bedrocan, sous des noms de cultivars fixes tels que Bedrocan, Bediol et Bedica avec des ratios THC/CBD définis. — Bureau voor Medicinale Cannabis
Cette filière du BMC est entièrement distincte du système des coffeeshops : le cannabis de coffeeshop n'est ni standardisé, ni de qualité pharmaceutique, et ne peut être ni prescrit ni remboursé en tant que médicament.
Le gouvernement néerlandais est explicite : la tolérance envers les coffeeshops est uniquement une politique d'application intérieure. Elle ne crée aucun droit d'apporter du cannabis à travers la frontière néerlandaise, dans un sens comme dans l'autre — y compris le médicament prescrit propre à un patient étranger.
Les patients voyageant au sein de l'espace Schengen qui ont besoin de transporter un médicament contenant des stupéfiants (ce qui inclut le cannabis médical) doivent demander un certificat Schengen auprès du Bureau administratif central (CAK). Le certificat doit être rempli et signé par le médecin prescripteur, puis légalisé par le CAK, et il est valable 30 jours. Pour les voyages en dehors de l'espace Schengen, une procédure de certificat médical différente s'applique, fixée par le pays de destination. Les patients étrangers souhaitant apporter leur propre médicament aux Pays-Bas ont besoin du certificat équivalent valable dans leur pays d'origine. — Government.nl
Le fait de sortir du pays du cannabis acheté dans un coffeeshop néerlandais fait l'objet d'une application stricte à la frontière et à l'aéroport de Schiphol, quelle que soit la faible quantité concernée.
Les touristes peuvent-ils légalement acheter du cannabis dans les coffeeshops d'Amsterdam ?
Oui, l'achat et la possession jusqu'à 5 grammes sont tolérés aussi bien pour les résidents que pour les visiteurs dans les coffeeshops agréés, bien que le cannabis lui-même reste techniquement illégal au regard de la loi sur l'opium.
Puis-je apporter mon propre cannabis médical aux Pays-Bas ?
Uniquement avec un certificat Schengen valide (ou équivalent pour un voyage hors Schengen) délivré par votre médecin prescripteur. La tolérance des coffeeshops ne couvre pas les médicaments importés, et les règles sont appliquées à la frontière.
Puis-je rapporter chez moi du cannabis acheté dans un coffeeshop néerlandais ?
Non. L'exportation fait l'objet d'une application stricte quelle que soit la quantité ; ceci est distinct de la politique de tolérance intérieure.
Le « wietexperiment » équivaut-il à une légalisation ?
Non. Il s'agit d'un projet pilote contrôlé testant une chaîne d'approvisionnement légale dans 10 communes ; il ne modifie pas la loi nationale et son résultat est encore en cours d'évaluation.